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PLUS DE FLASHES, PLUS DE CASH
Paris, le 5 novembre 2020

De nouveaux radars pour renouer avec des recettes records

De nouveaux radars pour renouer avec des recettes records

Crise économique, crise sociale, crise sanitaire : les épisodes critiques se succèdent en affectant durement l'économie, le moral et la santé des Français... Signe de la gravité de la situation : même les radars ne font plus recette ! Heureusement, l'État prépare la riposte... Explications.

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789 millions en 2015, 920 millions en 2016 et 1,013 milliard d'euros (!) en 2017 : les recettes des radars automatiques affichaient jusqu'en 2018 une croissance aussi insolente que désespérante. Puis le soufflé retombe avec "seulement" 864 millions d'euros, suivi d'une seconde déconvenue en 2019 avec un "petit" 760 millions d'euros... 

La cause ? Les mouvements sociaux selon le gouvernement, très remonté contre les Gilets jaunes - nés du populaire rejet des 80 km/h et du prix du carburant - qui auraient mis hors d'état de nuire trois quarts des précieuses boîtes à cash flashes. "75% du parc de radars a été soit détruit, soit détérioré, soit attaqué, soit neutralisé", rageait fin 2019 l'ancien ministre de l'intérieur, Christophe Castaner.

Pas question de poursuivre sur cette lancée, surtout que les besoins en trésorerie de l'État explosent avec le Covid-19 entre les soins hospitaliers, les aides, la prise en charge du chômage partiel et les reports - pas annulation : nuance ! - des taxes. Sans compter l'effondrement des revenus taxés : productions, consommations et déplacements réduits par le confinement sont autant de taxations en moins pour Bercy. 

Plus assez de cash ? Vite, plus de flashes !

La solution ? Réinvestir lourdement dans la répression routière, comme le prévoit le Projet de loi de finances 2020 et son programme intitulé "Structures et dispositifs de sécurité routière". En clair : le gouvernement va intensifier ses investissements dans de nouveaux radars toujours plus sophistiqués donc plus chers. Objectif à court terme : "900 millions" de recettes !

Radars tourelles (1200 unités), radars discriminants capables de différencier les catégories de véhicules, radars tronçons (62) ou encore voitures banalisées avec radars embarqués (480) : tous les moyens sont bons pour piéger verbaliser les conducteurs, peu importe leur dangerosité réelle ou supposée ! Sans oublier les quelque 1000 radars fixes, les radars autonomes (dits "radars chantier") ou encore les radars de feux rouges et de passages à niveau.

En tout, "4400" appareils doivent être déployés fin 2020 dont de nouveaux "radars urbains" actuellement en phase de test dans le sud de la France et en région parisienne. Ces petites boîtes - discrètement perchées en hauteur - seraient capables de relever excès de vitesse, non respect des feux rouges mais aussi à terme le non respect de priorités, le franchissement de lignes blanches, etc. 

 

Coût de ce nouvel investissement : environ 150 millions d'euros répartis entre deux fournisseurs : juteux ! Ce nouveau poste de dépense soulève justement la question de savoir d'où proviendront les fonds nécessaires pour renouveler mais aussi entretenir cet arsenal technologique...

L'argent des radars sert... à acheter et entretenir les radars !

Simple : la majeure partie la recette des radars est en réalité auto-consommée... par les radars eux-mêmes ! Sur les 760 millions de recettes l'an passé, pas moins de "238 millions d'euros" ont été affectés "pour le bon fonctionnement du contrôle automatique et le fichier national du permis de conduire", détaille la Délégation à la sécurité routière (DSR). 

A cela s'ajoutent les "100 millions d'euros" reversés au titre du "désendettement de l'État", soit un montant additionné de presque 340 millions d'euros. Pratiquement la moitié des recettes 2019 : loin des beaux discours selon lesquels l'argent des radars profiterait essentiellement à la sécurité routière ! 

Seulement "231 millions" ont en réalité servi à "améliorer le réseau routier et sa sécurité" décrit la DSR qui ajoute toutefois avoir aussi alloué "120 millions" aux "projets de sécurité routière" ainsi qu'une - modeste - enveloppe de "26 millions d'euros" au nouveau fonds pour améliorer "la prise en charge des blessés de la route" (conformément à l'engagement d'Edouard Philippe pour faire passer les 80 km/h).

En clair : le poste radars - que la DSR nomme pudiquement "Adaptation du parc" - dévore davantage de ressources que l'entretien des routes, délaissées ou presque sur la quasi totalité du réseau secondaire. Reboucher un nid de poule pour éviter une chute à moto ou une sortie de route en voiture paraît pourtant préférable à un énième cinémomètre "multi-flashes", non ?

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