Pixel impression
  • L'essentiel
  • -
  • En savoir plus...
CHALLENGE DES MONOS 2005
Paris, le 30 mai 2005

Le Team Moto-Net aime la pluie !

Après un début de saison encourageant au Bugatti, la suite des aventures du Team Moto-Net a eu lieu sur le splendide tracé de Dijon-Prenois, très apprécié l'an dernier par l'ensemble des concurrents du Challenge. Compte rendu... en retard !

Imprimer

Après un début de saison encourageant au Bugatti, la suite des aventures du Team a eu lieu sur le splendide tracé de Dijon-Prenois. Très apprécié l'an dernier par l'ensemble des concurrents du Challenge, ce circuit très rapide offre de grosses sensations de pilotage, du moins lorsque la météo le permet...

Episode 2 : Dijon Prenois

Scène 1 : il pleut...

Jeudi, 21h00 : départ en solitaire. Benoît est forfait pour la course. Il vous expliquera mieux que moi pourquoi, mais ce que je sais, c'est qu'il est casse-cou... Bref, je suis un peu triste de faire la route seul, mais je m'en remettrai !

Jeudi, 23h00 : arrivée sur le circuit. Je retrouve le Team Trophy Sport qui cette fois encore nous héberge sous son immense auvent. Le temps de décharger les affaires, de ranger la remorque et zou, je file à l'hôtel me mettre au chaud, la météo ne semblant pas vraiment bonne. Il fait froid et humide, ça s'annonce bien, je n’ai jamais vraiment roulé sous la pluie.

Vendredi, trop tôt le matin (8h25, c'est pas humain). Il fait un temps de crotte, comme prévu par les experts locaux de la météo. Piste très humide, on va se dérouiller sous le crachin. Tiens, c'est marrant, y a pas beaucoup de volontaires pour aller se réchauffer sur la piste ! Bon, on s'équipe, chacun y va de sa combinaison de pluie multicolore, sauf certains malheureux qui vont sérieusement le regretter.

Le Team Moto-Net aime la pluie !

Pour ma part, je reste fidèle à Edith Piaf et me vêt tout de noir, histoire de m'assortir à la couleur de la 95. Je prends la piste avec cette chanson dans le crâne, qui ne me lâchera pas avant la fin de la session.

Vendredi, 9h00 : débriefing. Génial ! Je me suis senti très à l'aise sur la piste, j'ai trouvé un tempo ad hoc (merci Edith), j'ai chanté sous mon casque en passant inlassablement tous les concurrents qui se trouvaient en ligne de mire, sans forcer, sans glisser, comme une fleur. C'était comme une sorte de révélation, un déclic, un truc magique, bref, l'éclate totale ! Je vous le dis : piloter sous l'eau, c'est vraiment un gros plaisir !

Le Team Moto-Net aime la pluie !

Tiens, d'ailleurs, en rentrant, je croise Mikeul qui me félicite pour mon style coulé et mes chronos. J'y crois pas moi-même, il m'annonce grosso modo le troisième temps de la session ! Tout de suite, Régis me remet les pieds sur terre en m'expliquant qu'il y avait peu de concurrents en piste et qu'une fois n'est pas forcément coutume... C'est vrai, mais au moins je retiens la révélation : sous la flotte, on peut AUSSI se faire plaisir !

Vendredi, 11h00 : seconde séance d'essais libres.

Le Team Moto-Net aime la pluie !

Le Team Moto-Net aime la pluie !

 

Sous une pluie battante cette fois... Bon, c'est tout de suite moins génial : dès le premier tour je sens la moto qui part en glisse à chaque remise de gaz. Faut apprendre à gérer, ce que je fais bon gré mal gré. Mais au moins, le plaisir est toujours présent et je me sens encore une fois à l'aise Blaise.

Au troisième tour, je m'aperçois que des traces d'huile maculent la trajectoire, pile poil où il faut passer. Bon, on fait avec. Au moins, je sais pourquoi ça glisse cette fois ! Allez, on a payé, c'est pas pour regarder les autres tourner, hein ! Au fil des tours, la trace d'huile prend de l'ampleur : y en a un qui vidange son moteur sans le savoir, c'est clair. Note qu'il a de bonnes traj'. Le problème, c'est qu'au début on en joue, on croise la trace d'huile, on fait avec, mais maintenant ça devient impossible ! Décision est prise... d'attendre les consignes des commissaires, qui commencent à signaler le changement d'adhérence puis très vite stoppent la session. Argh, à peine une demi session, si c'est pas du gaspi, ça...

Au moins, le coupable est vite retrouvé : il n'y a qu'à suivre les traces dans les paddocks ! Il n'a pas perdu beaucoup d'or noir, mais avec la pluie, tout prend des proportions inquiétantes. Au point que le responsable de la piste nous punira en annulant notre session de l'après-midi, ni plus ni moins ! Dommage pour moi, je l'avais déjà achetée ! Entre-temps la piste est maculée d'absorbant, mais celui-ci a fini par s'agglomérer au point qu'ils nous demandent de faire des tours en voiture pour évacuer cette boue cracra. Peine perdue, ça ne sert à rien. Dommage pour les concurrents du protwin, qui rentrent de leurs essais avec des motos pleine de gadouillasse grise, façon ciment pas sec.

Vendredi, 16h00. Cet après-midi, repos pendant que certains en profitent pour lapider des cadres à coup de disqueuse.

Le Team Moto-Net aime la pluie !

Y a du proto là-dessous, c'est clair. Avec Charly on étudie un peu la piste, surtout en ce qui me concerne, cette saleté de gauche qui me coûte un temps fou.

Le Team Moto-Net aime la pluie !

Après quelques bières et des chips humides, tout est clair comme de l'eau de roche, y a plus qu'à dîner avec la bande Ronald/Charly/Fred/Guillaume, des pâtes, des pâtes, encore des pâtes, avec du pain mouillé. Je suis bien à l'hôtel, et je plains de tout coeur les vaillants campeurs ! Allez, au chaud, soirée télé en solitaire et gros dodo pour préparer les qualifs matinales.

Scène 2 : il mouille...

Samedi, 10h05. Déjà dix bonnes minutes que je suis en prégrille, sous la pluie, dans les courants d'air, de l'eau plein la visière. Groumpf ! Enfin, le départ est donné. Beaucoup moins à l'aise qu'hier, car il pleut bien dru et j'ai du mal à trouver le grip et à chauffer les pneus. En plus je me fais bouchonner et le pire : je ne vois plus rien ! La visière et les lunettes sont gavées de buée, je ne peux rien faire. A la fin de la qualif, je pointe 29. Régis avait raison, faut jamais fanfaronner ! Il fait tellement froid que nous hurlons tous à la mort, victimes d'onglées redoutables. Au moins, Charly en profite pour pointer 13ème au scratch. A-t-il joué l'intox ?

Samedi, 12h30. Rebelote, pas mieux, constant dans la nullité : 29. Mais au moins, j'ai amélioré de quatorze secondes en 2'25. Bah, je suis qualif les doigts dans le nez, ce qui n'est pas le cas de Charly, qui ne jouait pas l'intox finalement. Dernière ligne, ça doit lui faire drôle après sa performance du Mans ! Devant, Didier Cantel avionne sévèrement en 1'58 !!! Il est l'extra-terrestre du week-end. RAS sur la moto, qui a la bonne idée de tomber en marche. J'ai même pas sorti les outils !

Allez, on passe l'après-midi à traînasser, à papoter, à sécher le matériel et zou, au lit ! Tiens, c'est marrant, les campeurs sont moins motivés ce soir ! Je trouve une chambre pour mes acolytes Charly, Fred et Guillaume, qui ne supportent plus de dormir les pieds mouillés. Pff, le motard n'est plus ce qu'il était.

Scène 3 : c'est la fête à la grenouille !

Dimanche, 10h30.Tiens, comme c'est bizarre, il pleut. J'aurais jamais cru ! Bon allez, on est pas là pour rigoler, faut se cracher dans les pognes, hein ! Prégrille mouillée, tour de formation, tour de chauffe, rouge, VERT ! Pour une fois, je prends pas un départ canon, je garde à peu près ma place. Tiens, je vois un missile rouge qui me passe à gauche. Mais... mais c'est Charly et sa Bimota ?

Le Team Moto-Net aime la pluie !

Hola, comment il est parti comme un cochon celui-là ! J'y crois pas une seconde ! La moutarde me monte au nez du coup ! Pas possible de le laisser devant, je vais me le faire !

A côté de moi, le 78 Philippe Leplattenier roule exactement dans le même rythme. On va faire la course ensemble, je le lâcherai pas, j'ai décidé de me battre. On enchaîne les tours dans un tempo sympa. On joue bien avec le 78 et je m'aperçois qu'on remonte quelques concurrents au fil de la course. C'est marrant, j'ai de plus en plus l'impression que j'arrive à bien gérer les dépassements et la course en général. C'est pas bien compliqué : le gars qui est DEVANT toi, faut que tu te mettes dans le crâne qu'il doit être DERRIERE toi le plus vite possible. Et ça, c'est bête, mais ça change pas mal de choses quand tu le gardes à l'esprit toute la course.

Le Team Moto-Net aime la pluie !

Hop là... Mais... mais que vois-je en ligne de mire ? Une Bimota rouge, juste dans le premier droit après la ligne droite ! Attends donc mon p'tit gars... Tu te rappelles du gauche qui me coûte un oeil à chaque tour ? J'arrive à sa droite, je freine tard, et... je passe Charly comme une fleur au freinage ! OUIIIIIII, j'en gueule de bonheur sous mon casque, ce qui me vaut 5 secondes d'aveuglement pour cause de buée. J'y crois pas moi-même, j'ai passé Charly à l'endroit même où je me traînais le plus sur cette piste...

Au fil des tours, les dépassements s'enchaînent (pas tant que ça en fait, mais j'aime à le croire), ainsi que les abandons (nettement plus que de dépassements). Tiens, les missiles de tête commencent à me passer. Je remarque surtout Cantel sur son superbe proto 93, qui mène la danse dans un style impeccable et des gerbes d'eau impressionnantes. C'est bientôt la fin, et j'ai un peu perdu la 78 de vue, il m'a collé 3 secondes au passage d'un groupe d'attardés.

Plus qu'un tour, je m'accroche, j'ai les doigts qui commencent à me faire souffrir le martyr. Drapeau à damiers. Je finis à ma meilleure place depuis le début de l'aventure : 19ème !

Scène 4 : debriefing

Un tour embarqué de Prenois sous la pluie

Départ en montée dans la ligne droite des stands. Pas d'arrière pensée : à fond !

Au bout de la ligne droite, le double droite de Villeroy. Rapide (on arrive à environ 200, un peu moins sous l'eau), on rentre 2 rapports à partir des 150 m et on enquille pour aller chercher la corde assez rapidement.

On enchaîne avec le S des sablières, bien rapide aussi. On met du gaz sur l'angle et il faut impérativement aller chercher les quilles pour se retrouver en bonne position à l'entrée du gauche de la bretelle. C'est celui-là qui m'impressionne : aveugle, en descente, il me rappelle un peu Ledenon. Pourtant, y a de la place en sortie. Mais rien n'y fait, j'ai du mal à me lâcher (sauf quand il s'agit de passer la 96 de Charly). Dans la descente, gros gaz, on passe la 4 et on aborde le plus gros freinage : la parabolique. Passage de la 2, virage lent en cuvette, puis gaz dans la montée. Ici, pas mal de sorties de piste à déplorer, l'adhérence dans la montée est un peu précaire et la sortie se rapproche dangereusement lorsqu'on est un peu optimiste ou sur une mauvaise traj.

Tout de suite en haut, un freinage pour le gauche aveugle (au sommet), sur lequel j'ai passé pas mal de concurrents. Un double gauche qui ressemble un peu au "gauche qui tue" de Carole. A la seconde corde on commence la partie sérieuse du circuit, réservée aux plus courageux qui font leur temps ici. Le droite de la Combe, en 4, avec une belle bosse en plein milieu, conditionne la suite des opérations. La bosse est vraiment gênante, surtout quand il pleut.

Ensuite un petit bout droit en descente qui permet de se replacer pour la fameuse courbe de Pouas (pouah, poisse... c'est selon les concurrents). Je suis un peu paumé, deux droits qui se ressemblent.

D'autant qu'à la corde, une magnifique flaque d'eau permet de s'entraîner à la maîtrise de l'aquaplanning (ce qui ne semble pas déranger Cantel). Ici, y a pas le choix, on conditionne l'intégralité de l'interminable ligne droite, qui de plus débute par une montée impossible à 10%. Tu te rates dans Pouas, tu le payes très cher dans la ligne droite.

On envoie plutôt fort dans la dernière partie, pour aller lécher le vibreur extérieur. Ici, pas de dégagements mais des air fence. Tu te sors, t'es très mal. Au sommet de la première côte, passage de la 4, puis on garde les gaz au taquet jusqu'au freinage de Villeroy. Fin du tour de manège.

Scène 5 : on continue sur la lancée ?

Plus le temps passe, plus je me sens devenir combatif. J'ai pas lâché durant la course, j'ai de moins en moins la frousse de doubler et je sens vraiment que je change de comportement sur la moto. Après une saison, je commence à comprendre qu'une course, c'est pas une balade entre potes. On peut très bien respecter ses adversaires tout en les ayant en ligne de mire avec pour seule pensée "toi, je te pourris au prochain freinage, ta place doit être la mienne". Comme le dit Régis, y a pas 36 façons de rouler : faut aller plus vite que le mec qui est devant. Et ça, ça change tout...

A bientôt pour le compte rendu de Carole, troisième épreuve de la saison, qui s'est déroulée les 21 et 22 mai...

Merci à HJC, qui nous fournit gracieusement des casques de qualité, à Urbanmoto.com pour son soutien toujours aussi inconditionnel et au TTS qui nous remet les pieds sur terre en plus de nous fournir le gîte !

.

.

Commentaires

Ajouter un commentaire

Identifiez-vous pour publier un commentaire.

.

Les derniers essais MNC

Notre essai vidéo Suzuki SV-7GX 2026

Moto-Net.Com teste la nouvelle Suzuki SV-7GX, variante routière de l'inoxydable SV650. Un semi-carénage, un porte-paquets, un shifter bidirectionnel, une instrumentation TFT avec prise USB suffisent-ils à transformer le roadster en routière ? Le twin de 645 cc, accessible A2, a-t-il encore le répondant pour inquiéter la référence Tracer 7 ? Réponses dans notre essai, avec la liste de toutes ses rivales !
Essai Ninja ZX-10R 2026 : la Kawasaki ailée qui ne vous vole pas ?

Pour 2026, Kawasaki a opté pour une évolution ciblée et stratégique de sa ZX-10R, retravaillant son aérodynamique, son instrumentation et son 4-pattes afin d'obtenir le tampon Euro5+. La Superbike y perd quelques chevaux, mais peut toujours rouler sur route et s'affiche au tarif ''kanon'' de 19 000 euros. MNC a testé la nouvelle Ninja au Vigeant. Gaz !
Essai Suzuki SV-7GX : SV-raiment une bonne routière ?

Suzuki accorde une seconde jeunesse à sa populaire SV650 avec une variante inédite aux prétentions routières : la SV-7GX. Un semi-carénage, une boucle redessinée et plusieurs aspects pratiques se greffent aux côtés du V-Twin et du cadre treillis d'origine. Suffisant pour "Tracer" vers le succès ? Essai.
Roadster 1 commentaire
Essai QJMotor SRK 921 : quand la Chine fait du Brutale

Le constructeur de Wenling (Chine) profite de ses liens avec MV Agusta pour ressusciter le 4-cylindres de feue la Brutale 920 et créer un roadster sportif tapageur : la SRK 921. Essai de la plus sensationnelle des QJMotor.

A lire aussi sur le Journal moto du Net

La Honda n°30 en pole position des 8 Heures de Suzuka 2026 

Le Top 10 Trial étant tombé à l'eau (huhuhu), la ligne de départ des 8H de Suzuka 2026 correspond à la feuille des temps de la première phase des qualifications. La Honda n°30 d'usine partira devant la BMW n°37 officielle, les Yamaha n°99, 1 et 21, les Honda n°5 et 17, la Suzuki n°12, la BMW n°76, etc. Chronos et réactions en vidéo.
La Royal Enfield Guerrilla 450 Apex 2026 se veut plus sportive

Le roadster Guerrilla 450 de Royal Enfield intègre le suffixe "Apex" pour matérialiser ses évolutions (un peu) plus dynamiques pour son nouveau millésime 2026. Présentation.
Creators Custom Clash : concours de préparations Harley-Davidson 

La Motor Company lance un "contest" de customisation opposant des créateurs de contenu européens en collaboration avec ses concessionnaires. Six prépas sont en finale de ce Creators Custom Clash 2026, dont une séduisante Street Bob bichonnée en France.
Triumph dévoile la BVL-VMX-900, un Scrambler ''Made in China''

Pour son retour en 2026, le concours international Triumph Originals réunit sept pays autour du thème ''Time Capsule''. Première révélée, la préparation BVL-VMX-900 est un Scrambler 900 radicalement réinterprété dans l'esprit des années 80. Une ma-chine signée par un atelier aussi rigoureux qu'inspiré : BVL Garage. Présentation.
Officiel : Jorge Martin et Ai Ogura chez Yamaha en 2027

Le team officiel Yamaha recrute deux pilotes Aprilia pour emmener sa future M1 d'usine de 850 cc : l'espagnol Jorge Martin et le japonais Ai Ogura, respectivement premier et quatrième au classement provisoire MotoGP 2026.
Escale portugaise réussie de l'European H.O.G. Rally en 2026, cap sur la Croatie

La 32ème édition de l'European Harley Owners Group Rally vient de réunir des milliers de ''bikers'' à Cascais en cette fin juin 2026, pour quatre jours de rassemblement sur la côte atlantique portugaise. Au beau milieu de la fête, la firme de Milwaukee a fixé le prochain rendez-vous : mi-juin 2027 à Biograd na Moru, en Croatie.
Guide nouveautés 2026 : toutes les motos, toutes les infos

Toutes les informations sur les nouveautés moto et scooter 2026 : présentations, caractéristiques, prix, coloris, disponibilités et nos premiers essais MNC. Le guide le plus complet, marque par marque, c'est sur Moto-Net.Com ! 
  • En savoir plus...