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Paris, le 15 juin 2021

Essai du pneu moto Pirelli Diablo Rosso 4 (IV)

Essai du pneu moto Pirelli Diablo Rosso 4 (IV)

Le nouveau Pirelli Diablo Rosso 4 débarque sur les jantes des motos au tempérament sportif avec une approche encore plus dynamique, des technologies inédites et une meilleure préservation de ses qualités sur route. MNC l'a testé en conduite "musclée" avec Serge Nuques comme ouvreur !

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Vaste cahier des charges pour le Diablo Rosso 4 (Pirelli préfère le suffixe romain "IV") : ce nouveau pneu se destine aux motos menées bon train sur route, soit un profil mixte entre "l'apprenti pistard" Diablo Rosso Corsa 2 et le polyvalent Angel GT. En clair : le remplaçant du Diablo Rosso 3 - lancé en 2016 - est un pneu sport-route... avec un fort penchant pour l'arsouille !

La preuve avec les arguments percutants sur lesquels insiste le pneumaticien d'origine milanaise : le Diablo Rosso 4 serait beaucoup plus rapide que son prédécesseur, de l'ordre de "2,471 sec" au tour sur un circuit de vitesse de 5 km. Ce gain énorme - on ne joue plus dans la même cour ! - est toutefois à considérer avec prudence car obtenu par des essayeurs de la marque…

Autre donnée qui trahit ses ambitions sportives : ses dimensions à l'arrière vont du raisonnable 160/60/17 au conséquent 200/55/17, soit du "gentil" roadster aux plus "méchantes" Superbike. Même la spectaculaire Ducati Panigale V4 et sa hauteur de flanc spécifique n'est pas oubliée avec une offre en 200/60/17 !

Diablo Rosso 4 : ce que promet Pirelli

Le lancement de ce Diablo Rosso 4 est un évènement majeur pour Pirelli, fort du succès de sa gamme "diabolique" : "plus de 5 millions de pneus" Diablo ont été écoulés depuis 2002, toutes familles confondues (du Diablo Supercorsa SC au Diablo Rosso Scooter SC). De quoi asseoir son enviable position de leader sur le segment des "pneus sport en France", comme nous le révèle le directeur de Pirelli France moto, Yann Labarthe !

Grosse pression, donc, sur le "DR4" qui va notamment trouver face à lui le Dunlop SportSmart MK3 et son "cousin germain" Metzeler M9RR (la marque allemande appartient au groupe Pirelli). L'occasion de constater des transferts de technologies entre Italie et Allemagne puisque le Diablo Rosso 4 emploie lui aussi une ceinture en acier à 0°, gage d'une excellente rigidité structurelle.

"Quasiment tous les pneus sportifs ont en fait une ceinture 0° acier, mais cette technologie et ce terme sont d'origine Metzeler avant de devenir propriété de Pirelli. Les autres manufacturiers peuvent désormais l'utiliser car c'est tombé dans le domaine public", précise Yann Labarthe, qui rappelle d'éviter les burns à outrance avec ce type de pneus "sinon les brins d'acier pourraient endommager l'arrière de la moto !". Et le derrière du pilote ?!

Ces brins d'acier, justement, recouvrent des "cordes" en fibres synthétiques qui forment la carcasse du Diablo Rosso 4. Pirelli a diminué leur nombre de "20%" à l'avant et "19%" à l'arrière, mais a augmenté en parallèle leur résistance : le pneu est ainsi plus léger et plus rigide, tout en offrant "un meilleur feeling et une plus grande confiance", assurent les italiens.

Ces cordes sont produites à partir de cellulose : elles sont en Rayonne sur les pneus arrière jusqu'à la dimension 190/50/17 et en Lyocell au-delà. Différence entre les deux ? La deuxième apporte davantage de résistance, aspect crucial pour les motos chaussées en 190/55/17 ou en 200/55/17 qui flirtent ou dépassent les 200 ch.

Mais ce n'est pas la seule différence : le passage de 190/50/17 à 190/55/17 est également marqué par l'emploi d'une zone de gomme supplémentaire ! Jusqu'à 190/50/17, le Diablo Rosso 4 est un classique bi-gomme : sa bande de roulement (25% de la surface totale) est plus résistante que ses épaulements (75%) pour allier performances et longévité.

A partir de 190/55/17, le pneu arrière passe en tri-gomme : "dure" au centre (20%), intermédiaire ensuite (38%) et extra-tendre sur les flancs (42%). Le composé sur les épaules serait même équivalent aux pneus piste "Supercorsa SC3", informe fièrement Pirelli ! Autrement dit : les pneus arrière les plus larges ont un meilleur potentiel d'adhérence sur l'angle maxi.

La proportion de résines diffère aussi avec une majorité de noir de carbone pour les grosses montes et de silice en-dessous de 190/50/17. Objectif : assurer une "meilleure stabilité thermique" sur les Diablo Rosso 4 réservés aux motos de forte puissance, susceptibles de faire davantage chauffer la gomme en courbes ! 

Cette différenciation en fonction des dimensions est une première pour Pirelli, qui évoque une stratégie de "sur-mesure" inspirée de sa production pour voitures. Au regard de l'importance de ces différences, ce distinguo selon la largeur aurait même pu être renforcé avec un marquage spécifique à partir de 190/55/17 : "Diablo Rosso 4 +", par exemple ?

Le pneu avant - uniquement disponible en 120/70/17 - passe pour sa part d'une composition monogomme sur l'ancien Diablo Rosso 3 à deux gommes sur le nouveau Diablo Rosso 4.Il recourt également à un fort taux de silice pour réduire son temps de chauffe et son comportement sur route mouillée.

MNC détecte également à l'avant un taux d'entaillement (ratio plein-vide) revu à la baisse par rapport au "DR3" dans l'objectif d'augmenter la surface de gomme au sol et donc, mécaniquement, l'adhérence. Le drainage quant à lui repose toujours sur des sculptures en forme d'éclair brevetées par Pirelli immédiatement distinctives !

Toutes ces modifications favoriseraient le maintien des performances tout au long de la vie du pneu, l'un des axes principaux de son développement. Ce critère autrefois réservé aux pneus "touring" est devenu crucial même sur les montes sportives : plus question d'avoir un super grip pendant 1500 km, puis des réactions de plus en plus dégradées.

A ce sujet : qu'en est-il de la longévité du Diablo Rosso 4 ? "Elle est équivalente à celle du Diablo Rosso 3, conformément à nos objectifs : apporter plus de sportivité sans réduire la durée de vie et en préservant les performances dans le temps", explique le directeur de Pirelli moto France.

MNC insiste : quel est son kilométrage estimé ? "Donner une fourchette est impossible car elle peut varier du simple au triple selon la moto et la conduite : certains feront entre 6 et 8000 km, d'autre à peine 2500 km ! Personnellement, j'ai un pilotage plutôt doux favorable aux pneus mais d'autres collègues plus nerveux sont "gourmands" en gomme", s'amuse le dirigeant français.

Diablo Rosso 4 : ce que MNC a pu constater

Et du pilotage "nerveux", notre ouvreur de luxe Serge Nuques nous en a offert une belle démonstration pendant cette découverte du Diablo Rosso 4 ! Le rythme tenu par l'infâme chevalier du Groland était du genre costaud, à la limite du "plus vite, c'était pas raisonnable". Excessif, certes, mais pourtant parfaitement maîtrisé : sacré coup de guidon, le Serguei ! 

MNC suit la cadence - bien obligé : serait capable de nous taper sinon ! - en alternant entre deux motos toutes indiquées pour le Diablo Rosso 4 : la Ducati Supersport 950 et la Triumph Speed Triple 1200 RS. Une moto routière-sportive de 110 ch d'un côté et un roadster hyper affûté de 180 bourrins de l'autre : intéressant panel, non ?! Autre avantage : l'italienne est en 180/55/17 - donc avec deux gommes - et l'anglaise est en 190/55/17, avec trois gommes à l'arrière.

Premier constat : le temps de chauffe du Diablo Rosso 4 est extrêmement court, en témoigne le premier virage négocié avec au moins 120° d'angle par Serge Nuques ! Certes la température estivale (25°C) favorise une mise en action rapide, mais le Pirelli fait d'emblée honneur à l'ADN sportif de la marque ! La perception du conséquent grip disponible est par ailleurs très fine.

La nouveauté évite néanmoins le piège de l'exclusivité : son profil arrondi garantit des placements sur l'angle progressifs et rassurants, qui canalisent agréablement la vivacité extrême de la Triumph. En cela, le Diablo Rosso 4 prend la roue de son prédécesseur puisque le Journal Moto du Net appréciait exactement la même qualité lors de notre essai du Diablo Rosso 3, déjà à l'époque sur une Speed Triple (la 1050 cc) ! 

Précision directionnelle et excellent renvoi d'informations du train avant sont au rendez-vous, que ce soit au guidon du roadster anglais comme de la sport-GT italienne. Le pneu transalpin se montre prévisible car constant durant l'inclinaison, en plus particulièrement stable sur l'angle à vive allure. 

Pirelli France avait prévu des comparaisons directes avec les mêmes motos chaussées en Angel GT 2, qui ont permis de mesurer le gain significatif entre son "Diable rouge" et son "Ange" pour gros rouleurs : le Diablo Rosso 4 ouvre une connexion avec le bitume plus directe, avec un meilleur ressenti de l'adhérence. Il se montre également plus réactif aux ordres, surtout à moyenne et grande vitesse, sans pour autant induire de nervosité.

Au contraire même : le train avant de la Triumph nous est apparu moins "turbulent" sur les portions bosselées négociées tambour battant. Et plus la vitesse augmente, plus le gain est palpable ! Idem durant les freinages de trappeur : le Diablo Rosso 4 encaisse les plus fortes charges sans déformation parasite, quand l'Angel GT 2 finit par laisser échapper quelques mouvements.

Bien que MNC aurait préféré étalonner la nouveauté avec l'ancien Diablo Rosso 3, passer de l'Angel GT 2 au Diablo Rosso 4 permet d'identifier clairement les avantages en conduite sportive de la nouveauté : en mode "rallye", "El Diablo" le Diablo est plus homogène, donc plus rassurant. 

L'arrière n'est pas en reste avec une motricité remarquable, malgré les incessants coups de boutoir délivrés par la Triumph et son 3-cylindres de 1160 cc gorgé de couple (125 Nm) : la britannique pousse fort dès le premier tiers du compte-tours, dressant sa roue avant vers le ciel à la moindre occasion jusqu'en troisième !

Le Diablo Rosso 4 encaisse brillamment ce déferlement soutenu, voire violent, sans même s'appuyer sur le contrôle de traction : MNC l'avait désactivé pour mieux jauger ses limites de motricité et d'adhérence, et celles-ci sont situées à des années-lumières d'une conduite approuvée par la Sécurité routière ! Lorsqu'elles se produisent, ses dérobades se montrent par ailleurs contrôlables car progressives.

Polyvalence très sportive

Le Diablo Rosso 4 évoque un mélange particulièrement réussi entre l'Angel GT et la gamme Supercorsa, avec plus de performances que le premier et moins d'exclusivité que les seconds. Au point de s'interroger sur le probable chevauchement avec le Diablo Rosso Corsa 2, qui évolue sur le même registre ?!

Reste à vérifier si la longévité du Diablo Rosso 4 se situe du côté de la référence route ou des gommes typées piste, sachant qu'un train en 120/70/17 et 180/55/17 est au prix de 279 euros (289 € en 120/190 mm). Vos retours d'expérience seront les bienvenus dans la mesure où nous n'avons pas parcouru assez de distance (140 km) pour juger cet aspect.

Autre donnée hélas non testée : le comportement du Diablo Rosso 4 en grande largeur (200 mm) puisque ces dimensions ne seront disponibles qu'à partir de "cet été", prévoit Pirelli.  

Pirelli Diablo Rosso 4 : dimensions disponibles

Avant 

  • 120/70/17

Arrière

  • 160/60/17
  • 180/55/17
  • 190/50/17
  • 190/55/17
  • 200/55/17
  • 200/60/17

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